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Restauration de la statue de Saint Jacques en majesté (Pont-Croix)

 

Le 1er décembre dernier, à Pont-Croix, était un grand jour pour la belle statue en majesté de Saint-Jacques, celui de sa dépose effectuée avec une attention toute particulière par les restaurateurs de l’Atelier Régional de Restauration (ARR Bignan).

Compte tenu de l’aspect du devant de la statue, déjà bien abîmée (nombreux trous d’envol d’insectes xylophages) et de son emplacement en hauteur sur une console de granit, il a fallu utiliser un échafaudage - visible sur la photo 1- pour opérer avec un minimum de risques de dégradations supplémentaires.

À l’arrivée dans les ateliers, il a été procédé au dépoussiérage de l’œuvre. Lors de cette étape, de nombreux fragments, maintenus en place uniquement par la vermoulure compactée du bois, ont pu être récupérés. Les photos 2 et 3 montrent ces fragments de tailles très diverses ; les 3 gros morceaux visibles en haut de la photo 3 correspondent à la main dextre.

 Photo 1 Avant en place Photo 2 Fragments de la face Photo 3 Fragments divers dont la main 
Photo 1 Photo 2  Photo 3

 

À ce stade, un inventaire plus complet de la statue a pu être réalisé ; inventaire qui a réservé de mauvaises surprises en particulier au revers, non visible du fait du positionnement de la sculpture en hauteur et de son adossement à un mur. Ainsi des manques de matière importants ont été révélés notamment au niveau de l’épaule gauche (trou bien visible sur la photo 4) mais aussi de la besace et du poignet dextre en particulier.4 En cours

Puis, la restauration, à proprement parler, a débuté par la phase de CONSERVATION au cours de laquelle la statue a été placée dans une poche hermétiquement scellée en présence d’absorbeurs d’oxygène. Ce traitement par anoxie a pour but d’exterminer, par privation d’oxygène, tous les insectes nuisibles, quelle que soit leur espèce ou le stade de leur développement ; il dure habituellement 4 semaines. Dans ce cas précis, suspectant la présence d’insectes encore bien actifs, il a été prolongé de 2 semaines.
S’en sont suivis un nettoyage aqueux et un re-fixage de la polychromie actuelle qui date du XIXème siècle, à l’aide d’une colle de type protéique.

Actuellement, une importante intervention structurelle est en cours : consolidation du bois affaibli à l’aide d’une résine adaptée à cet emploi et réalisation de compléments formels, notamment au revers de l’œuvre, très dégradé.

Des restitutions volumiques des reliefs manquants de la face (main droite, pied, chapeau et besace, etc.) sont également prévues de manière à homogénéiser l’aspect général de l’œuvre.

S’en suivront des retouches de manière à intégrer l’ensemble de ces compléments et à améliorer la lisibilité de cette très belle œuvre.

Ce travail d’orfèvre assurera un maintien durable de cette statue et participera à sa mise en valeur dans la Collégiale Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix où vous pourrez bientôt l’admirer en bonne place.

Photos et renseignements aimablement communiqués par l’ARR – Château de Kerguehennec -56500 BIGNAN.